6 erreurs de traduction célèbres

Faire une erreur, cela peut arriver à n’importe qui, et les traducteurs ou interprètes ne font pas exception. Malgré tout le soin apporté à leur travail, il peut parfois subsister des coquilles ou des imprécisions liées à des polysémies ou des termes difficiles à retranscrire avec exactitude. Toutefois, dans l’immense majorité des cas, ces petits glissements sont rares et sans conséquence.

Il n’en va cependant pas de même pour les maladresses et erreurs de traduction suivantes. Bien que certaines puissent faire sourire, d’autres ont eu des conséquences désastreuses et ont influencé le cours de l’histoire.

  1. Facebook « célèbre » un séisme meurtrier (2018)

Au cours de l’été 2018, l’Indonésie est frappée par de nombreux séismes, qui ont causé des centaines de morts et des milliers de blessés. Pour communiquer et rassurer leurs proches, de nombreux habitants se sont connectés sur Facebook et ont publié des messages indiquant qu’ils étaient en sécurité. En indonésien, « être en sécurité » se dit « selamat ».

Cependant, ce mot est polysémique, et peut aussi vouloir dire « félicitations ». L’algorithme de Facebook a privilégié cette seconde traduction, et a donc automatiquement déclenché des animations visuelles festives, alors que le contexte était loin de se prêter à un lancer de confettis. Les responsables du réseau social se sont alors empressés de désactiver la fonctionnalité et de présenter leurs excuses et leur soutien aux personnes touchées par la catastrophe.

  1. Le sous-titrage hasardeux en anglais d’un discours de Justin Trudeau (2016)

À l’occasion d’une visite aux États-Unis en 2016, le premier ministre canadien Justin Trudeau a adressé un discours en français en abordant des points de collaboration entre les deux pays. Cette intervention a été retransmise en direct sur la chaîne étasunienne ABC News, les propos du chef du gouvernement canadien étant sous-titrés en direct. Seulement, lors d’une brève partie du discours, les sous-titres n’avaient plus aucun sens : les téléspectateurs américains ont alors pu lire « Nazi innings » (manches nazies) ou « railroad stations in Motorola » (gares ferroviaires à Motorola). Bien entendu, Justin Trudeau n’a pas prononcé ces mots : dans le second exemple, il parlait de Montréal, et non du fabricant de téléphones.

Selon la chaîne ABC, l’erreur provient du logiciel utilisé pour rédiger automatiquement les sous-titres. Il se serait mis à confondre le français de Justin Trudeau, pourtant tout à fait compréhensible malgré son accent prononcé, avec de l’anglais. Encore une preuve que les machines sont loin d’être infaillibles !

  1. Quand Jimmy Carter fait rire le public japonais (1981)

Lors d’un déplacement au Japon en 1981, le président américain de l’époque, Jimmy Carter, adresse un discours en anglais. Comme il est coutume de le faire dans la culture américaine, celui-ci débute par une anecdote légère destinée à amuser le public. Une fois cette anecdote traduite, le public éclate de rire. Surpris par le succès retentissant de son trait d’humour, le président demande à l’interprète comment il a réussi à susciter une telle réaction en moins de temps que lui. Gêné par la question, celui-ci finit par admettre qu’il avait en réalité dit « Le président Carter vient de raconter une histoire drôle. Tout le monde doit rire. ».

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une erreur à proprement parler, l’habile tour de passe-passe de l’interprète japonais illustre une traduction efficace et audacieuse d’une référence culturelle qui n’aurait peut-être pas été saisie par son public si elle avait été traduite littéralement.

  1. Les erreurs de l’interprète de Jimmy Carter en Pologne (1977)

Quatre ans avant sa visite au Japon, Carter avait déjà fait les frais d’une interprétation douteuse, même si cet épisode polonais est bien plus gênant. L’interprète polonais a multiplié les maladresses et erreurs. Par exemple, lorsque Carter déclare avoir quitté les États-Unis le matin même, l’interprète avait rendu cela par « abandonné les États-Unis », tandis que les vœux du Président pour les « désirs » des Polonais ont pris une tournure plus salace en raison du choix de mots de l’interprète.

Selon un article du New York Times publié à l’époque, un grand nombre de raisons peut expliquer ces erreurs : trac, inexpérience, mauvais apprentissage de la langue et connaissance plus approfondie du russe que du polonais. Bien que les erreurs soient nombreuses, l’interprète s’en est tiré avec de simples moqueries. Néanmoins, dans un tel contexte, une erreur de traduction peut vite causer un incident diplomatique majeur.

  1. La déclaration de Nikita Khrouchtchev qui aurait pu déclencher une guerre mondiale (1956)

Le 18 novembre 1956, à l’ambassade de Pologne en Russie, le leader soviétique Nikita Khrouchtchev a déclaré « Nous vous enterrerons ». Cette phrase n’était pas tant une déclaration belliqueuse contre le bloc de l’Ouest ni les ambassadeurs présents, mais plutôt une exhortation contre le capitalisme, que Khrouchtchev estimait comme voué à l’échec face au communisme.

Bien entendu, dans le contexte de la guerre froide, cette phrase aurait pu avoir des répercussions géopolitiques graves. Elle a été interprétée comme un avertissement, en particulier par les États-Unis, qui estimait qu’elle constituait une menace nucléaire.

  1. Les bombardements de Nagasaki et d’Hiroshima ont-ils été causés par une erreur de traduction ? (1945)

On lit parfois que le largage des bombes atomiques sur Nagasaki et Hiroshima en août 1945 aurait été indirectement causé par une erreur de traduction. Cependant, est-ce vraiment le cas ?

Pour résumer, le premier ministre Kantarō Suzuki, face à la demande des Alliés d’une capitulation inconditionnelle du Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale, aurait employé le mot mokusatsu. Ce mot peut signifier une opposition ou une absence de commentaire. C’est cette première acception que les Alliés auraient comprise, ce qui les aurait motivés à bombarder le Japon.

Toutefois, les historiens suggèrent que les Alliés n’auraient pas commis d’erreur d’interprétation. C’est davantage le refus de capituler du Japon qui aurait conduit au largage des bombes.

Conclusion

Les anecdotes et faits historiques exposés ci-dessus illustrent l’importance de la traduction et de l’interprétation, en particulier dans les échanges internationaux diplomatiques. Même si des échanges maladroits ou des erreurs liées aux nouvelles technologies peuvent sembler amusants s’ils n’ont aucun effet néfaste sur les échanges, il convient de les éviter, ne serait-ce que pour éviter les atteintes à la réputation.

Dans cette optique, il est donc indispensable de faire appel à des prestataires sérieux et soucieux de la qualité de leur travail, comme ALPHABETS. Nous plaçons l’humain au cœur de notre activité afin d’apporter des services linguistiques complets et précis. N’hésitez donc pas à nous contacter !