Le traducteur est-il objectif ?

Le traducteur doit-il faire preuve d’une certaine objectivité lors de l’exercice de son métier ? D’un côté, il doit adhérer à un code déontologique qui lui impose de traduire le texte fidèlement, sans omettre ni ajouter d’éléments importants.

De l’autre, il existe de nombreux facteurs qui empêchent le traducteur d’être totalement objectif : il peut en effet choisir de travailler ou non sur un projet donné, et il est amené à faire des choix. Dans cet article, nous essaierons de déterminer dans quelle mesure une traduction peut être neutre.

Qu’est-ce que l’objectivité ?

Il convient tout d’abord de définir ce qu’est l’objectivité. Le dictionnaire Larousse la caractérise comme suit : « Qualité de quelqu’un, d’un esprit, d’un groupe qui porte un jugement sans faire intervenir des préférences personnelles ».

La déontologie du traducteur

Même si la traduction n’est, en France, pas une activité réglementée par la loi, les traducteurs sont soumis à un code déontologique. Celui-ci préconise de faire preuve de probité, de traduire de manière fidèle au texte source et de respecter le secret professionnel.

Par ailleurs, la qualité du travail rendu est également primordiale : ainsi, il est recommandé au traducteur de travailler sur des domaines à propos desquels il a recueilli suffisamment d’informations pour traduire les documents avec précision.

De ce fait, peu de place est laissée à l’improvisation et à la flexibilité, et on pourrait penser qu’il se doit de traduire le texte sans y laisser sa marque. Après tout, une bonne traduction est une traduction qui ne se voit pas comme telle, et qui se lit comme si le texte avait été rédigé directement dans la langue cible. Par ailleurs, dans certains domaines (juridique, médical), la précision revêt une importance toute particulière. Dans ce sens, le traducteur a un certain devoir de neutralité, en ce sens qu’il ne doit pas altérer le texte source.

Traduire, c’est faire des choix

Toutefois, la traduction implique très souvent de faire des choix, que ce soit en matière de vocabulaire ou de formulation. Intentionnellement ou non, privilégier une tournure ou une autre peut donner une couleur au texte.

Par exemple, si un texte comporte quelques tournures ou mots d’un registre plus familier et en l’absence d’instructions claires, le traducteur doit forcément choisir. D’un côté, il peut conserver la familiarité du texte source, au risque de donner une image moins favorable ou professionnelle du client pour lequel il travaille. De l’autre, il peut lisser le texte pour le rendre plus professionnel, mais cela risquerait de trahir l’aspect plus décontracté. Dans les deux cas, la traduction ne sera pas neutre : soit « trop familière », soit « trop lissée ».

Plus généralement, il n’est pas rare que le traducteur choisisse de remanier des parties d’un texte (c’est-à-dire des phrases ou des paragraphes), ne serait-ce que syntaxiquement, parce qu’il estime qu’il sera plus fluide ou lisible ainsi. C’est surtout le cas pour des textes orientés marketing ou qui se prêtent plus à la transcréation, auquel cas le linguiste peut davantage laisser libre cours à sa créativité. D’ailleurs, une traduction trop objective, c’est-à-dire trop neutre ou manquant de créativité, pourrait dans certains cas être contre-productive.

Le traducteur est libre de choisir ce sur quoi il veut ou non travailler

Conformément à la déontologie de la profession, comme abordé précédemment, le traducteur ne doit travailler que dans les domaines où il possède suffisamment de connaissances. Cela signifie également qu’il est en droit de refuser de travailler sur un sujet avec lequel il n’est pas à l’aise, que ce soit du point de vue des connaissances ou en raison du contenu en lui-même.

Par exemple, un linguiste soucieux de l’environnement pourrait refuser de traiter des projets pour des clients dans le secteur des énergies fossiles. De même, un traducteur qui milite en faveur du bien-être animal ne souhaitera sans doute pas traiter de tâches liées au secteur de la boucherie.

Plus largement, les professionnels de la traduction se réservent le droit (et ont le devoir) de refuser toute tâche dont les circonstances ou les contenus seraient immoraux, illégaux ou autrement contraires à leurs mœurs ou celles des utilisateurs finaux. Il peut s’agir de contenus très offensants ou liés à des substances illicites, pour ne citer que deux exemples.

Conclusion

L’objectivité en traduction, comme dans tous les domaines, est finalement un idéal vers lequel tendre, plutôt qu’une notion respectée ou non. Bien entendu, le traducteur doit, par respect de la déontologie, livrer une traduction précise. Toutefois, il impossible d’être totalement objectif, car un ensemble de paramètres humains entrent toujours en jeu (sensibilité, bagage culturel, milieu socio-professionnel, etc.).

C’est également par souci de respect de la déontologie et des mœurs que le traducteur dispose d’une certaine liberté. Il est libre de choisir sur quoi travailler ou non, mais également de la manière dont il traite le texte pour que celui-ci soit d’une qualité optimale et réponde aux exigences du client.

Chez ALPHABETS, nous avons à cœur de placer l’humain et la qualité au centre de nos activités pour répondre à vos besoins en matière de service linguistiques. N’hésitez donc pas à nous contacter pour toute demande !