Traduire, c’est construire un pont entre deux cultures. Toutefois, certains éléments d’une culture donnée n’existent pas dans une autre, ou existent différemment. Cela pose naturellement un défi lors de la traduction.
Dans cet article, nous examinerons les différentes façons de traiter les références culturelles en traduction, les avantages et inconvénients de chaque méthode ainsi que les bonnes pratiques et pièges à éviter pour bien traduire ces références.
Qu’entend-on par « référence culturelle » ?
Il convient tout d’abord de définir ce qu’est une référence culturelle. Le dictionnaire Larousse définit la culture comme l’ensemble « des phénomènes matériels et idéologiques qui caractérisent un groupe ethnique ou une nation, une civilisation, par opposition à un autre groupe ou à une autre nation ». Autrement dit, c’est ce qui est propre à un ensemble de personnes, et qui le distingue d’autres groupes.
Une référence culturelle est donc un fait (historique, linguistique ou propre à une expérience partagée) intégré par les membres d’une culture donnée. Il peut s’agir de célébrités, de manières de s’approprier le langage, d’événements historiques clés, d’œuvres d’art renommées, et ainsi de suite.
Par exemple, si vous demandez à un Français ce qu’il s’est passé en 1515, il vous répondra sans doute du tac au tac « La bataille de Marignan », mais un Hongrois ne répondra certainement pas la même chose. C’est parce que la culture façonne notre vision des choses, et dans cet exemple précis, la connaissance ou non d’un fait historique.
Comment traduire les références culturelles ?
Il existe autant de traductions de références culturelles qu’il existe de références. On peut néanmoins recourir à diverses stratégies pour les traduire au mieux :
- Traduire la référence telle quelle : parfois, la référence culturelle est suffisamment connue dans plusieurs cultures pour être gardée. Par exemple, la fameuse phrase « Elementary, my dear Watson! » peut être traduite mot à mot sans que l’on perde la référence culturelle tant l’œuvre de Conan Doyle est célèbre dans le monde entier (à noter par ailleurs que cette réplique ne figure dans aucune des aventures de Sherlock Holmes mais provient d’une adaptation cinématographique américaine).
- Trouver une équivalence proche : bien que le métro parisien et le « Tube » britannique remplissent exactement la même fonction, l’utilisation du second mot n’est pas anodine, et offre une couleur locale et une légère nuance de sens que « métro » seul ne peut pas tout à fait véhiculer. On peut alors banaliser en parlant du « métro londonien » pour que le lecteur se fasse une idée globale de la réalité qui lui est présentée. La recherche d’équivalence est un procédé privilégié dans la traduction culinaire, où il faut pouvoir reproduire une recette avec les ingrédients dont on dispose, même s’ils diffèrent légèrement d’un pays à l’autre.
- Proposer une courte explication : lorsqu’un élément est trop peu connu d’une culture cible, il est opportun de l’expliquer pour ne pas léser les lecteurs. Par exemple, si un texte mentionne la ville de Newcastle-upon-Tyne, en Angleterre, il est possible qu’un lectorat francophone ne sache pas où elle se trouve. On pourra alors indiquer, lorsqu’il est pertinent de le faire, que Newcastle est une ville du nord-est de l’Angleterre.
- Ne pas traduire : par contrainte ou dans un souci de préservation de la couleur locale, il peut être parfois nécessaire de conserver la référence culturelle telle quelle. Bien que cette solution donne un résultat plus authentique par rapport à la source, elle risque de perdre le lecteur non averti. Par exemple, un Britannique qui va manger au Nando’s ne se rend pas dans un simple restaurant : la chaîne est une véritable institution au Royaume-Uni qui n’a pas d’équivalent ailleurs et est très ancrée dans sa culture d’origine. Cela rend vaine toute tentative de traduction ou de recherche d’équivalence. Il appartient alors au traducteur de choisir d’expliquer ou non la référence.
Entre authenticité et compréhension : les références culturelles comme défi de traduction
Si la traduction des références culturelles est une source intarissable de débats, de colloques universitaires et d’articles de blog, c’est parce qu’elle pose fondamentalement une sorte de paradoxe. Comme expliqué en introduction, la culture, c’est ce qui est propre à un groupe et qui le distingue des autres. Cela signifie donc qu’un élément culturel est, dans une mesure variable, unique. Or, traduire consiste précisément à rendre accessible une culture donnée à une autre.
Les stratégies exposées dans la partie précédente sont des catégories assez vastes. Pour choisir laquelle adopter, le traducteur doit connaître le contexte culturel du texte source, mais également son public cible. C’est l’une des raisons pour lesquelles un traducteur doit uniquement travailler vers sa langue maternelle, car il pourra ainsi savoir ce qui parle ou non à son public, et adapter le texte cible en conséquence.
Plus concrètement, une référence culturelle inadaptée au public cible ou qui lui est inconnue entravera la bonne compréhension du texte. À l’inverse, un texte qui utilise une référence à bon escient témoigne du sérieux de son auteur et de sa considération pour le public cible. De même, si un mot est en apparence intraduisible, il est de bon ton de fournir une explication : l’authenticité du texte sera préservée sans perdre le lecteur.
Conclusion
Les références culturelles sont par nature difficiles à traduire, et nécessitent de la part du traducteur plusieurs compétences. Tout d’abord, il doit disposer d’une grande connaissance de plusieurs cultures pour éviter de passer à côté des subtilités de la langue. Il doit également adapter le texte cible d’une manière cohérente pour son public cible. La stratégie à adopter dépend de ce dernier et des références culturelles partagées ou non entre les différents lecteurs.
La maîtrise des références culturelles peut faire toute la différence : une référence bien traduite et pertinente pour le public cible rendra le texte plus attrayant, tandis que conserver telle quelle une référence inconnue de votre lectorat risque de le frustrer.
C’est la raison pour laquelle il est primordial de confier vos demandes de traduction à un prestataire de services linguistiques comme ALPHABETS, qui place l’humain au centre de ses activités. Vous aurez ainsi l’assurance que votre texte sera percutant quel que soit le public cible. N’hésitez donc pas à nous contacter !