La gastronomie est un domaine vaste qui se décline à l’écrit sous de nombreuses formes : livres de recettes, menus, blogs de critiques culinaires ou encore étiquettes listant les ingrédients et valeurs nutritionnelles d’un aliment. A priori, la traduction dans ce domaine peut sembler relativement facile, puisque l’alimentation fait partie intégrante de notre quotidien : à ce titre, la thématique paraît moins technique et plus abordable. Cette simplicité de façade cache en réalité de nombreuses difficultés, que même les traducteurs chevronnés et spécialisés dans le domaine peinent parfois à surmonter.
Cet article propose un tour d’horizon des problèmes courants dans le domaine de la traduction culinaire et des stratégies que les traducteurs peuvent mettre en place pour les résoudre.
Traduire… en ne traduisant pas ?
Paradoxalement, l’une des premières questions à se poser est « Faut-il traduire cet élément ? ». Cette question concerne en particulier les intitulés de plats, que ce soit dans un menu ou dans un livre de recettes. Plusieurs solutions peuvent être envisagées.
On peut tout d’abord réfléchir à l’emprunt. Cette solution consiste à laisser tel quel un mot dans une langue étrangère, sans le traduire. Il s’agit souvent de mets très connus ou démocratisés, comme les sushis, les tacos ou le fish and chips, qu’il n’est aujourd’hui plus guère utile de présenter ou de clarifier.
Il existe toutefois des cas où l’emprunt à lui seul ne suffira pas à éclairer la lanterne du lecteur sur ce qu’il s’apprête à déguster. En effet, des plats comme les böreks turcs, les dim sum chinois ou encore les arepas vénézuéliens pourront être suivis d’une courte description. Cela nécessite donc de la part du traducteur qu’il adapte son texte à la culture cible, et qu’il trouve un juste équilibre entre authenticité et accessibilité.
Une histoire d’équivalences
L’adaptation est sans doute le facteur le plus important dans la traduction culinaire. En effet, la gastronomie fait partie de la culture, et ce qui existe dans une culture peut ne pas exister, ou exister différemment, dans une autre.
Prenons l’exemple des mesures dans les recettes : là ou en France, on utilise des grammes et des litres, les gourmets américains emploient le système impérial. Et encore, on trouve souvent des mesures effectuées à l’aide d’ustensiles spécifiques (les cups et les tablespoons), très peu utilisés et donc difficilement trouvables par un locuteur français.
Il s’agira donc pour le traducteur de convertir ces mesures en unités facilement compréhensibles. Toutefois, il ne faut pas compromettre l’intégrité ni la faisabilité de la recette (surtout en pâtisserie, où une petite erreur de dosage peut être déterminante). Une solution pour le traducteur : mettre la main à la pâte, et essayer la recette pour trouver le bon dosage.
Il en va de même pour les ingrédients. Imaginons par exemple une recette anglaise qui utilise du Stilton. Il serait envisageable de laisser Stilton en français, mais ce fromage n’est pas forcément disponible partout. On pourrait également trouver un fromage équivalent, comme du bleu d’Auvergne ou de la fourme d’Ambert, mais la saveur ne sera peut-être pas la même. Là encore, le traducteur peut se mettre aux fourneaux et tester la recette pour déterminer si un substitut français est acceptable et ne trahit pas la recette d’origine. À défaut de pouvoir réaliser la recette dans des conditions réelles, il est indispensable d’avoir des connaissances approfondies et de faire des recherches pour mener à bien une traduction culinaire.
Les pièges à éviter
La traduction culinaire est une spécialisation à part entière, au même titre que la traduction juridique ou médicale. Par conséquent, que vous vouliez faire traduire un menu ou un livre de recettes, il est indispensable de faire appel à un expert en la matière, plutôt que de le faire vous-même, ou encore de vous appuyer sur l’intelligence artificielle ou des outils de traduction automatique.
Ces derniers seront de toute manière très inefficaces, en particulier pour les intitulés de menu plus imagés ou moins descriptifs. Traduire « Pièce du boucher » par « Butcher’s meat », par exemple, est très maladroit, et ne donne aucune indication sur l’animal ou le morceau qui sera servi au client, ce qui pourrait rebuter ce dernier. Ajoutons par ailleurs que la découpe de la viande (notamment du bœuf) peut varier d’un pays à l’autre : un autre défi de traduction !
Proposer un menu ou un livre de recettes multilingue clair vous permettra d’attirer davantage de clients, qui seront plus à même de découvrir avec enthousiasme ce que vous proposez, et ainsi d’accroître vos revenus. Pour ce faire, vous pouvez faire appel à un prestataire de services linguistiques comme ALPHABETS, qui saura analyser vos besoins et fournir une traduction qui comblera les fossés entre les cultures et parlera au public cible.
Conclusion
La traduction culinaire est un domaine bien plus complexe qu’il n’y paraît. C’est un exercice qui exige une connaissance approfondie de la gastronomie et des cultures étrangères.
L’objectif du traducteur culinaire est de trouver le juste milieu entre fidélité et accessibilité. Qu’il s’agisse d’un menu, d’un livre de recettes ou d’une liste d’ingrédients, il est absolument indispensable de proposer une traduction fiable pour le consommateur.