Quelques mots intraduisibles

À la question « peut-on tout traduire ? », il est difficile d’apporter une réponse tranchée. D’un côté, on pourrait penser que ce n’est pas le cas, puisqu’une traduction entraîne forcément des pertes de sens ou a minima des changements. Par exemple, difficile de traduire tel quel un calembour sans causer d’incompréhension. De l’autre, on pourrait se dire qu’il ne s’agit pas forcément de traduire mot-à-mot ou même idée pour idée, mais de s’approprier le texte afin d’en transmettre le sens. Toutefois, il peut arriver qu’un simple mot soit difficile (voire impossible) à traduire avec précision. Il peut désigner une réalité très précise et localisée, ou encore un sentiment très spécifique sur lequel une langue a décidé de poser un mot.

Vous l’aurez compris, nous vous proposons un voyage lexical à travers le monde pour vous faire découvrir des mots qui n’ont pas d’équivalent direct.

木漏れ日 (Komorebi), japonais

Imaginez-vous au pays du soleil levant, lors d’une agréable balade en forêt par beau temps. Vous pourrez alors admirer le komorebi, c’est-à-dire la lumière du soleil qui filtre à travers le feuillage des arbres. De quoi donner des envies de voyager !

Hiraeth, gallois

Restons dans le domaine du voyage, mais avec son côté quelque peu moins enthousiaste. Hiraeth est un mot d’origine galloise qui désigne une sorte de mal du pays qui s’accompagne d’une forme de tristesse et de nostalgie.

Sobremesas, espagnol

Signifiant littéralement « sur table », ce mot fait référence au moment après un repas en famille ou entre amis où l’on continue de discuter. Plus convivial que la siesta, non ?

Schadenfreude, allemand

Vous avez déjà eu du mal à garder votre sérieux face à la chute d’un inconnu ? Ce comportement est désigné outre-Rhin par le mot Schadenfreude, c’est-à-dire le fait de se réjouir du malheur des autres.

मुदिता (Mudita), sanskrit

À l’inverse du mot précédent, le mudita consiste à se réjouir de la joie des autres. Ce concept, issu du bouddhisme, vise à remplacer la négativité et la jalousie par de la joie.

Jayus, indonésien

Ce mot insolite désigne une histoire ou une blague si mauvaise ou mal racontée que l’on finit par en rire tout de même. De là à ce que le rire soit une forme de Schadenfreude, difficile de savoir…

소확행 (Sohwakhaeng), coréen

Sentir l’odeur des vieux livres, profiter d’une délicieuse boisson chaude, admirer le paysage que l’on voit depuis sa fenêtre… Ce sont des exemples de sohwakhaeng, à savoir des petits plaisirs accessibles.

Terroir, français

Eh oui, le français a lui aussi des notions bien difficiles à retranscrire dans d’autres langues ! Ce mot désigne des produits, bien souvent alimentaires, qui sont fabriqués localement. La nuance réside dans le caractère unique des différents mets régionaux, de par leur appartenance à une localité.

積ん (Tsundoku), japonais

Si vous aimez lire et passez beaucoup de temps en librairie, vous êtes sans doute atteint du syndrome tsundoku. Rien d’inquiétant, cependant : ce mot japonais désigne simplement le fait d’acheter plus de livres qu’on ne peut en lire, ou encore d’avoir une pile de lectures en attente.

Alo’alokiki, hawaïen

Vous vous êtes déjà probablement fait surprendre par une averse soudaine et imprévue. Sans parapluie, vous vous mettez alors à courir pour échapper à la pluie. Cette petite course est désignée en langue hawaïenne par le mot alo’alokiki.

Hanyauku, kwangali

Si vous partez à la plage en été, vous connaissez sans doute la sensation du sable brûlant sous les pieds. Pour l’éviter, il s’agit donc de marcher sur la pointe des pieds. En Namibie, on désigne cela par le terme hanyauku.

Peiskos, norvégien

Toujours dans le thème de la chaleur, mais dans un climat bien moins chaud. Ce mot norvégien fait référence à la sensation agréable de la chaleur d’un feu de cheminée auprès duquel on s’installe.

Tartle, écossais

Imaginez-vous cette situation : vous présentez des amis qui ne se connaissent pas encore, quand soudainement, vous oubliez le prénom de l’un d’entre eux… Si l’un de vos amis est écossais, il vous dira que c’est un parfait exemple de tartle.

Затишок (zatyshok), ukrainien

Ce mot ukrainien désigne un petit endroit isolé, à l’abri du vent.

Yakamoz, turc

Terminons ce tour d’horizon par une touche poétique. Comme le komorebi japonais, le yakamoz fait référence à un phénomène lumineux, mais cette fois-ci nocturne. Il s’agit du reflet du clair de lune sur la mer.

 

En fin de compte, ce n’est pas parce qu’il n’existe pas de traduction mot pour mot qu’il est impossible de retranscrire toutes les idées véhiculées par les mots ci-dessus. C’est pourquoi il est indispensable pour un traducteur de bien connaître la langue source et la langue cible pour travailler sur un texte, sans quoi les nuances de sens portées par ces mots seraient perdues.

Quelle que soit la combinaison de langues, ALPHABETS confiera vos traductions à un spécialiste qui sera à même de retranscrire au mieux l’intention de vos documents. N’hésitez donc pas à nous contacter !